Ituri : un journaliste contraint de vivre dans la clandestinité après des menaces, la liberté de presse sous pression
En Ituri, l’inquiétude monte autour de la sécurité des professionnels des médias. Le journaliste Jovial Kakule Muvunga, de la Radio Télé Communautaire Babombi (RTCB), vit depuis plusieurs jours dans la clandestinité après avoir reçu des messages de menace. Une situation qui relance les inquiétudes sur la protection des journalistes et la liberté de la presse dans cette province.
Selon des informations recoupées, ces menaces auraient été proférées par un groupe d’individus dont l’identité reste, à ce stade, inconnue. Les messages, rédigés en kiswahili, auraient particulièrement inquiété le journaliste en raison de leur contenu jugé précis.
Les auteurs présumés auraient notamment mentionné des informations permettant d’identifier et de localiser le journaliste, dont son adresse complète. Des éléments qui renforcent les craintes quant à la capacité réelle de leurs auteurs à retrouver sa trace.
Face à cette situation, Jovial Kakule Muvunga aurait choisi de se mettre à l’abri et de limiter ses déplacements, ne se sentant plus suffisamment en sécurité pour poursuivre normalement ses activités professionnelles.
Des voix réclament une intervention urgente
Cette situation suscite désormais des appels à une réaction rapide des autorités compétentes. Plusieurs responsables et acteurs de la société civile demandent l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les auteurs présumés des menaces et de les traduire devant la justice.
Ils réclament également la mise en place de mesures de protection immédiates en faveur du journaliste, ainsi qu’un accompagnement approprié de la victime.
Dans cette perspective, les signataires souhaitent voir le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) impliqué dans le suivi du dossier, notamment pour renforcer les mécanismes de prévention et de protection des professionnels des médias.
La liberté de la presse en question
Au-delà du cas de Jovial Kakule Muvunga, cette affaire ravive les inquiétudes sur les conditions de travail des journalistes en Ituri.
Des professionnels des médias auraient déjà été confrontés à différentes formes de pression et de menaces, contribuant à instaurer un climat susceptible de limiter la liberté d’informer.
La situation est particulièrement préoccupante dans certaines zones, notamment à Mambasa, où les journalistes sont également appelés à exercer leur métier dans un contexte sécuritaire difficile.
À travers Ram’s Malikidogo, des responsables et structures de la société civile interpellent ainsi les autorités sur plusieurs priorités : enquêter rapidement sur ces menaces, identifier leurs auteurs, assurer la protection du journaliste et renforcer les mécanismes de prévention en faveur des professionnels des médias.
« Informer sans peur »
Pour les défenseurs de la liberté de la presse, l’enjeu dépasse désormais le seul cas de Jovial Kakule Muvunga. Il s’agit de garantir aux journalistes la possibilité d’exercer leur métier sans intimidation ni menace.
Les appels se multiplient donc pour une mobilisation des autorités, afin que les auteurs présumés soient identifiés et que la sécurité des journalistes soit effectivement garantie.
En Ituri, le message porté par les acteurs mobilisés est clair : la liberté de la presse ne peut être effective sans la sécurité de ceux qui la font vivre. Informer ne devrait jamais signifier travailler dans la peur.
Dieumerci Basimaki
