
Alors que la situation sécuritaire reste préoccupante dans le Sud-Kivu avec la pression des rebelles du M23, une autre menace silencieuse inquiète la population du groupement de Ziralo : des cas suspects de rougeole y sont signalés, notamment dans la zone de santé rurale de Bunyakiri.
C’est une alerte lancée par le médecin directeur du Centre hospitalier de Kusisa, situé dans le groupement de Ziralo, territoire de Kalehe. Il confirme que plusieurs cas suspects de rougeole ont été enregistrés et que les patients, en majorité des enfants de moins de 15 ans, sont actuellement pris en charge. Parmi eux figurent également des enfants déplacés ou issus de familles retournées.
Malgré les efforts du personnel soignant, la situation est rendue difficile par le manque criant de médicaments, de matériel de prélèvement et de moyens logistiques pour acheminer les échantillons vers des laboratoires spécialisés à Bukavu.
Le médecin souligne que les malades sont isolés, bien que les confirmations officielles par des tests de laboratoire ne soient pas encore disponibles. En réponse, des campagnes de sensibilisation sont menées par les agents de santé et les relais communautaires pour freiner la propagation du virus par des mesures d’hygiène de base.
Le docteur Polepole appelle à une intervention rapide du gouvernement et des ONG pour renforcer les capacités sanitaires dans cette zone déjà fragilisée par les conflits. Car au-delà de l’insécurité armée, une crise sanitaire silencieuse pourrait aggraver davantage la situation humanitaire à Kalehe.
Ghislain Mbakulirahi
