RDC – Ituri : Lubanga accusé de relancer la violence à Nyamamba

L’armée congolaise accuse Thomas Lubanga, ancien chef de milice, d’orchestrer une série d’attaques coordonnées à Nyamamba, sur les rives du lac Albert, à environ 60 kilomètres au sud-est de Bunia. Des combats ont éclaté ce dimanche matin 18 mai 2025 dans cette localité stratégique de la province de l’Ituri. Selon les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la situation est désormais sous contrôle, bien que les affrontements duraient déjà depuis quatre jours.

L’implication présumée de Lubanga ravive les souvenirs d’un passé douloureux dans une région où la paix reste précaire. Selon la Radio France Internationale (RFI) dans sa dépêche du 18 mai 2025, l’armée considère Lubanga comme le cerveau derrière cette nouvelle flambée de violence.

Lubanga : le retour d’un passé sombre

Thomas Lubanga avait été arrêté en 2005 et transféré à la Cour pénale internationale (CPI) en 2006. En 2012, il devenait le premier individu condamné par la CPI pour crimes de guerre, notamment pour l’enrôlement d’enfants soldats dans l’Union des patriotes congolais (UPC). Libéré en 2020 après avoir purgé sa peine de 14 ans, il s’était montré discret.

Ces nouvelles accusations soulèvent des doutes sur sa réinsertion. Pour les autorités militaires, cette situation illustre le retour actif de certains anciens seigneurs de guerre, qui exploiteraient le vide sécuritaire pour raviver leurs anciennes ambitions.

La société civile dénonce une menace pour la paix

Face à la création d’un nouveau mouvement armé, la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), attribué à Lubanga, la société civile de l’Ituri a réagi fermement. Dans une déclaration publique relayée par Infos.cd le 17 mai 2025, Dieudonné Lossa, président de la coordination provinciale, a mis en garde contre la montée de l’insécurité :

« Nous refusons la banalisation de la rébellion sous toutes ses formes. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités. »

Il appelle à une action urgente des autorités nationales pour prévenir toute nouvelle escalade dans une province marquée par des décennies de conflits.

De leur côté, les Jeunes leaders de l’Ituri ont exigé l’invalidation du mandat du député provincial Jokaba Lambi, élu sous la bannière de l’UPC, parti fondé par Lubanga. Selon Radio Okapi dans une publication du 6 mai 2025, ils l’accusent de soutenir tacitement la nouvelle rébellion, au mépris des principes démocratiques.

Une paix toujours fragile

Malgré une présence militaire renforcée et les efforts de pacification du gouvernement congolais et de ses partenaires, l’Ituri demeure l’un des foyers les plus instables du pays. Les récents développements rappellent que la situation reste explosive et que le moindre relâchement peut raviver les tensions.

Quelle gestion pour les anciens chefs de guerre ?

La réapparition de figures comme Thomas Lubanga relance le débat sur la gestion post-conflit en RDC. Que faire des anciens chefs de milice ? Faut-il privilégier leur intégration, leur surveillance ou leur exclusion définitive de la vie publique ? Les acteurs de la paix et la société civile exigent des enquêtes rigoureuses et une réponse judiciaire rapide.

À Nyamamba, pendant ce temps, la population reste dans l’angoisse, suspendue entre incertitude sécuritaire et espoir d’un retour durable à la stabilité.

Erick Bahati

By Rédaction

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