Le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, a présidé mardi à l’esplanade du gouvernorat la présentation officielle de plusieurs présumés criminels arrêtés à Bunia et dans ses environs. Parmi eux figurent les principaux suspects dans l’assassinat récent d’un journaliste de la RTNC/Bunia.
La cérémonie, conduite par le commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC), le général Séguin Ngoy Sengelwa Kyo, s’est déroulée en présence des membres du comité provincial de sécurité.
Selon le général Ngoy, plusieurs personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête ouverte après le meurtre du journaliste et la recrudescence des vols de motos dans la ville.
> « Il y a quelques semaines, la ville a été secouée par la mort d’un journaliste, ce qui a suscité une vive réaction du corps médiatique. Les enquêtes menées ont permis d’arrêter d’abord quatre suspects, avant de remonter à une dizaine de personnes impliquées », a-t-il déclaré.
Parmi les principaux suspects, figurent quatre militaires de première classe du bataillon Héclon. Trois d’entre eux ont été présentés publiquement, tandis que le quatrième, arrêté à 35 kilomètres de Bunia, est en cours de transfert.
> « Ce sont les quatre premiers cités qui sont les auteurs présumés de l’assassinat du journaliste », a précisé le commissaire provincial, ajoutant que ces militaires « étaient censés évoluer vers Nyamamba, mais se sont retrouvés irrégulièrement à Bunia ».
La PNC a également annoncé le démantèlement d’un réseau de voleurs de motos opérant dans la ville et ses périphéries.
> « Depuis un certain temps, la police était à la recherche de ces voleurs. Les motos volées étaient revendues à des receleurs qui ne cherchaient pas à connaître leur provenance », a souligné le général Ngoy.
Il a reconnu les limites de la prévention, tout en assurant que la police agit avec diligence une fois les crimes commis.
> « Lorsque l’acte criminel est posé, la police met tout en œuvre pour interpeller les auteurs », a-t-il affirmé, précisant que les suspects du meurtre ont été arrêtés « 48 heures après les faits ».
Prenant la parole, le gouverneur militaire a replacé ces événements dans le contexte de l’urbanisation rapide de Bunia.
> « Bunia est devenue une grande ville. Le développement s’accompagne malheureusement aussi d’une évolution du banditisme », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que des mesures sécuritaires ont été prises, tout en soulignant qu’« il est impossible de placer un policier devant chaque maison ».
> « Nous sommes là pour tous les Ituriens et nous continuerons à travailler pour tous les Ituriens », a-t-il insisté, mettant en garde contre toute tentative d’instrumentalisation des faits sécuritaires à des fins de division communautaire.
Abordant un autre sujet sensible, le lieutenant-général Luboya a dénoncé l’enrôlement de mineurs au sein de la milice CRP, imputé à Thomas Lubanga, déjà condamné par la Cour pénale internationale (CPI).
> « Tous les mécanismes sont mis en œuvre pour son arrestation », a-t-il assuré.
En conclusion, le gouverneur militaire a lancé un appel à la cohésion sociale et à la réconciliation.
> « Réconciliez-vous, pardonnez-vous et allons de l’avant. Nous sommes des fonctionnaires de l’État, nous pouvons partir demain, mais l’Ituri doit rester », a-t-il déclaré, exhortant la population à « se donner la paix à elle-même et à la province ».
Rédaction
