En Ituri, où la situation sécuritaire demeure fragile malgré les avancées enregistrées sous l’état de siège, l’Association culturelle ENTE, qui regroupe la communauté Hema, a tenu un point de presse à Bunia. À travers cette prise de parole, l’organisation ne s’est pas limitée à un simple constat : elle a posé un acte politique et social fort, affirmant sa détermination à promouvoir la paix, à se désolidariser des groupes armés et à préserver la cohésion intercommunautaire.
Le point de presse tenu le 20 janvier 2026 par l’Association culturelle ENTE intervient dans un contexte où l’Ituri tente progressivement de sortir d’un cycle de violences armées entamé depuis 2017.
Alors que l’état de siège, instauré en avril 2021, continue de produire des résultats mitigés mais visibles, la sortie médiatique de cette organisation communautaire apparaît comme une volonté assumée de clarification et de repositionnement.
Au-delà des vœux de nouvel an et de la reconnaissance des efforts des autorités, ENTE a voulu faire passer un message clair : la communauté Hema refuse toute assimilation à la violence armée et choisit résolument le camp de la paix.
Dans son analyse de la situation actuelle, l’Association culturelle ENTE souligne les progrès réalisés dans plusieurs zones jadis marquées par l’insécurité, notamment dans les territoires de Djugu et d’Irumu. La reprise des activités économiques, la réouverture des routes et la diminution des massacres sont citées comme des indicateurs d’une amélioration réelle.
Cette reconnaissance, loin d’être complaisante, s’inscrit dans une logique de consolidation de l’autorité de l’État, à travers le soutien affirmé au gouverneur militaire, le lieutenant-général Luboya Kashama Johnny, et aux Forces armées de la RDC engagées sur le terrain.
L’élément central de cette prise de parole reste la désolidarisation explicite de la communauté Hema de toute rébellion armée, en particulier celle de la CRP, active dans certaines zones du territoire de Djugu.
En condamnant les violences et leurs conséquences humanitaires, ENTE met en garde contre les dangers d’une guerre qui expose les civils et compromet durablement la stabilité de la province. L’appel lancé aux responsables de la CRP à privilégier les voies légales marque une prise de position sans ambiguïté contre la militarisation des revendications.
L’analyse du discours révèle également une forte dimension d’autocritique et de responsabilisation interne. L’Association ENTE s’adresse directement aux membres de la communauté Hema, les appelant à l’unité, à la vigilance et au rejet de toute instrumentalisation communautaire.
En rappelant l’identité historique du peuple Hema comme communauté pacifique et tournée vers le travail et le développement, ENTE cherche à désamorcer les amalgames et à prévenir toute nouvelle stigmatisation collective.
Parallèlement, l’association tend la main aux autres communautés ituriennes, réaffirmant son attachement au vivre-ensemble et à la réciprocité dans la paix. Cette ouverture traduit une compréhension claire d’une réalité iturienne complexe : aucune communauté ne peut, à elle seule, construire la paix durable.
Ce positionnement vise à restaurer la confiance entre communautés, condition indispensable à la stabilisation et à la relance socio-économique de la province.
Si ENTE soutient l’état de siège et les FARDC, elle n’élude pas pour autant les exigences de professionnalisme. L’association insiste sur la protection des civils et sur la distinction entre population et combattants, adoptant ainsi un soutien responsable et exigeant, loin d’un alignement aveugle.
A titre de conclusion, à travers ce point de presse, l’Association culturelle ENTE affirme sa détermination à se positionner comme acteur communautaire crédible de paix et de cohésion sociale en Ituri. En condamnant la violence, en se désolidarisant des groupes armés et en appelant à l’unité intercommunautaire, elle pose un acte politique fort dans un contexte encore marqué par les incertitudes sécuritaires.
Ce message, à la fois ferme et rassembleur, témoigne d’une volonté claire : rompre avec la logique de la guerre et inscrire durablement la communauté Hema dans une dynamique de paix, de responsabilité et de développement partagé.
Rédaction
