
Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, demeure un épicentre de violences alarmantes, où les groupes armés rivalisent en brutalité en s’attaquant aussi bien aux forces de sécurité qu’aux populations civiles sans défense.
Ce dimanche 13 juillet 2025, une incursion attribuée à la milice CODECO a ciblé le site de déplacés de Tchee, situé dans la chefferie de Bahema Nord. Selon nos sources locales, cinq blessés ont été enregistrés et admis à l’aire de santé de Kpalo. Ce lieu, censé offrir un minimum de répit aux victimes de la guerre, s’est à son tour transformé en zone de peur.
Parallèlement, des affrontements ont éclaté entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les éléments du groupe armé CRP à Soleniama et Iga-Barrière. Le porte-parole du secteur opérationnel de l’Ituri, le lieutenant Jules Ngongo Tshikudi, a déclaré que quatre membres du CRP ont été neutralisés, et au moins dix autres blessés, soulignant que « la situation est sous contrôle des FARDC. »
Cependant, ces attaques coordonnées laissent entrevoir une stratégie de provocation et de sabotage adoptée par les milices locales, au moment même où l’armée tente de rétablir l’autorité de l’État.
Dans l’opinion publique, ces évènements suscitent une interrogation profonde : « Que veulent réellement les filles et fils du territoire de Djugu ? Si l’on aspire tous à la paix, pourquoi laisser perdurer des agendas armés au détriment de la cohésion et du développement ? »
Face à ce climat d’instabilité, les appels à la réconciliation, au désarmement et à la reconstruction doivent devenir des priorités pour les acteurs locaux. Les civils continuent de payer le prix fort dans une guerre qui ne leur appartient pas. Il est grand temps que les leaders communautaires, jeunes et anciens, prennent position pour tourner la page des armes, et bâtir un avenir fondé sur le dialogue, la sécurité et la dignité humaine.
Djugu ne pourra espérer un avenir meilleur que si ses enfants choisissent l’unité plutôt que la division, et la paix plutôt que la terreur.
Olivier Bahemuka
