La situation sécuritaire dans le territoire de Djugu, en Ituri, reste alarmante. Les affrontements récurrents entre les éléments de la Coopérative pour le développement du Congo (CRP) et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) continuent de faire peser un lourd tribut sur les populations civiles. Au-delà des enjeux militaires, c’est le quotidien des habitants qui s’effondre sous le poids de la violence.
Sur le plan humain, les conséquences sont dramatiques : pertes en vies humaines, déplacements massifs, détresse psychologique aiguë. Des familles sont disloquées, des enfants déscolarisés, des villages entiers vidés de leurs habitants. La peur s’installe durablement, transformant l’incertitude en norme.
Les répercussions socio-économiques sont tout aussi préoccupantes. L’agriculture et le commerce, piliers de la subsistance locale, sont paralysés. L’insécurité alimentaire s’aggrave, les marchés se vident, les routes deviennent impraticables, et l’accès aux services sociaux de base santé, éducation, eau potable se dégrade dangereusement. La guerre détruit non seulement les infrastructures, mais aussi l’espoir d’un avenir meilleur.
Sur le plan social, la violence fragilise la cohésion communautaire. La méfiance s’installe entre les groupes, parfois alimentée par les acteurs du conflit. Ce climat délétère compromet les efforts de réconciliation et de vivre-ensemble, pourtant essentiels à une paix durable.
Dans ce contexte, une voix s’élève : celle des habitants. Ils ne réclament ni vengeance ni représailles, mais la paix. Une paix véritable, fondée sur la sécurité, la dignité et la possibilité de construire un avenir pour leurs enfants.
L’autorité provinciale, de son côté, réaffirme son engagement en faveur du bien-être de la population. Elle s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi Tshilombo, axée sur la restauration de l’autorité de l’État, la sécurisation des personnes et des biens, et le développement à la base.
Mais une solution durable à cette crise ne saurait être uniquement militaire. Elle exige une approche globale : dialogue inclusif, justice transitionnelle, relance économique et implication active des communautés locales. Les groupes armés doivent cesser les hostilités et s’engager dans le processus de paix. Car la paix ne se résume pas à l’absence de guerre : elle est la condition sine qua non pour reconstruire la confiance, relancer l’économie et restaurer la dignité humaine.
Tant que les armes parleront, les civils continueront de payer le prix fort. Il est temps d’écouter le cri des populations et de transformer leur soif de paix en actions concrètes. C’est une urgence, à la fois nationale et morale.
Olivier Bahemuka
