RDC : 20 ans après la Constitution, Achille Kapanga dénonce une révision motivée par des intérêts politiques
Vingt ans jour pour jour après la promulgation de la Constitution du 18 février 2006, le débat sur une éventuelle révision refait surface en République démocratique du Congo. À Beni, Maître Achille Kapanga, ancien maire et notable respecté, exprime ses inquiétudes face à ce qu’il considère comme une manœuvre politique aux motivations ambiguës.
Le texte fondamental, adopté à la suite du référendum constitutionnel organisé sous la transition politique, avait pour ambition de consolider la démocratie, garantir l’alternance et renforcer l’État de droit. Deux décennies plus tard, alors que des voix s’élèvent pour évoquer une modification, Kapanga se montre critique.
Selon lui, toute initiative visant à modifier la Constitution doit répondre prioritairement aux aspirations profondes du peuple congolais et non servir des calculs politiques. « Changer la Constitution ne doit pas être un instrument pour garantir des intérêts particuliers. Elle doit demeurer un bouclier pour la population et un cadre stable pour la démocratie », insiste-t-il.
Pour cet acteur local, la Constitution de 2006 reste un pilier essentiel de la stabilité institutionnelle du pays. Il appelle les dirigeants à privilégier le respect des textes existants et à se concentrer sur leur application effective plutôt que sur leur modification.
À l’occasion de ce vingtième anniversaire, le débat sur la pertinence d’une révision constitutionnelle s’annonce une fois de plus sensible, susceptible de raviver les tensions politiques dans un pays encore confronté à d’importants défis sécuritaires et socio-économiques.
Ghislain Mbakulirahi
